08/02/2017

LE LEGS ET L'ÉPREUVE PAR AYMERIC


Le vendredi 3 février, je suis allé voir les deux pièces de Marivaux mises en scène par Julien George. Dans ces deux comédies en un acte, Le Legs et L’Épreuve, les personnages sont bousculés par des soucis amoureux et financiers. Rien n’est simple pour les personnages de Marivaux. 

 © Marc Vanappelghem

Dans Le Legs, le marquis aime la comtesse et réciproquement mais il n’arrive pas à le lui dire. De plus, si ce pauvre marquis épouse la comtesse alors il devra 200’000 francs à Hortense à cause d’un legs qui les lie tous deux. Il aurait à la fois envie de garder ses 200’000 francs et d’épouser la comtesse. Le marquis oscille entre l’écoute de son coeur et de son porte monnaie. 

Dans L’Épreuve, Lucidor veut s’assurer qu’Angélique l’aime pour ce qu'il est, et non pas pour sa fortune. Il va donc mettre en place une stratégie avec son valet pour savoir si elle est intéressée par sa situation financière ou si ses sentiments sont véritablement purs à son égard. 

Ces deux comédies montrent bien l’influence néfaste que l’argent peut avoir sur les rapports amoureux.


Dans la mise en scène, Julien George propose un décor simple: un plateau presque carré de 5 mètres sur 6 mètres est au centre de la scène. Il y a quatre escaliers qui bordent chaque coté et qui permettent de monter sur ce grand plateau incliné. En dessus de la scène se trouve une immense verrière.

Six comédiens interprètent les six rôles du Legs et ensuite les six rôles de L’Épreuve. Le changement des costumes se fait partiellement à vue. On voit un contraste très net dans les costumes des deux pièces. Les comédiens portent parfois des perruques qui permettent de définir chaque silhouette et les tenues soulignent l’aspect burlesque de certains personnages. Dans Le Legs c’est un beige pâle qui domine et dans L’Épreuve c’est très coloré.

Il y a très peu de musique; seul un petit refrain revient lorsque les personnages se regardent amoureusement. 

Mon impression par rapport au décor est qu’il est fait pour que les acteurs puissent bouger et qu’ils ne se sentent pas enfermés. Dès le début de la pièce le chevalier court après Hortense. On est directement pris dans un mouvement et de là, tout avance très vite. On est pris dans cette allure effrénée de la pièce. Le rythme est toujours délicat dans une comédie car s’il n’est pas bien réglé et calculé, le rire ne vient pas. Or, dans la mise en scène de Julien George c’est parfaitement maîtrisé. Les acteurs y sont brillants: il y a une réelle énergie qui circule entre eux et qui entraîne le spectateurs à suivre ces deux histoires pleines de rebondissements. Le choix des tenues renforce l’humour déjà présent dans la pièce. La musique est également très bien utilisée. Les quelques notes qui reviennent tissent un lien entre les deux pièces. Le changement visible des costumes est une belle mise en abîme du théâtre. Cette transformation se fait dans la lenteur et c’est un instant très poétique. 

Selon moi c’est un spectacle bien maîtrisé et très drôle.

Aymeric Tapparel

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